Octobre 2014

Le Monde titre dans son dossier Sciences et Médecine, du mardi 29 octobre « Ecrans : les effets pervers d’une fascination ». A plusieurs reprises maintenant les medias se font relais d’une alerte au sujet des  effets de la consommation des écrans… Les orthophonistes ont pu en être bien convaincus lors du festival audiovisuel en 2009 puis très scientifiquement assurés lors de l’édition de 2013 grâce à la prestation de Michel Desmurget. A Nancy l’APOMM a édité une plaquette d’information étayé par un livret d’accompagnement pour travailler avec les parents à ce sujet.

Pour une mise en bouche…Quelques propos tirés de cet article du Monde suivis de nos notes suite à la lecture de l’article de Bruno Harlé et Michel Desmurget, ( d’ailleurs cité par Le Monde). Les journalistes dans leur article intitulé « Écrans Les effets pervers d’une fascination » sous-titré Santé publique ; Le Monde du 29 octobre 2014 , dossier Sciences & Médecine. Ils rappellent que Steve Jobs limitait le temps passé devant les écrans pour ses enfants et soulignent qu’un grand nombre de dirigeants de la Silicon Valley font de même. Ils soulignent qu’il est plus que légitime de s’interroger sur les traces physiologiques et psychiques que ces usages peuvent laisser sur les enfants et les adolescents. Ils reprennent des propos de Bruno Harlé et Michel Desmurget ( voir ci-dessous). La psychologue Patricia Greenfield (univ. de Californie à Los Angeles) pointe que « l’utilisation d’Internet pouvait entraîner un affaiblissement de notre pensée critique, imagination et réflexion ». 3500 études font état de liens entre augmentation du temps passé devant les jeux et films violents et augmentation du niveau de la violence. Sabine Duflo, psychologue au CMPP de Noisy-le-Grand note que les enfants soufrant de TDAH et d’anxiété présentent en facteur commun le temps passé devant les écrans. Ainsi Ryan, 7ans, en CE1, est arrivé en consultation car sa mère s’inquiète pour l’apprentissage de la lecture. Son fils a très peur d’être seul, il passe en moyenne 24 heures devant la télé chaque semaine, il en a une dans sa chambre. Sabine Duflo a proposé de réduire le temps d’écran, de lui acheter des jeux, de le laisser plus autonome…. Bernard Stiegler parle de la captation de l’attention profonde depuis une dizaine d’années déjà. Elle peut gêner la capacité de l’ enfant à s’occuper seul dans sa chambre ou à écouter un professeur. Sylvie Chokron, neuropsychologue, note que l’usage important de petits écrans pourrait entraîner une réduction du champ attentionnel. Dans ce dossier il est fait part du programme de  » mobilisation communautaire » Edupax de Jacques Brodeur créé en 2002 au Québec : une dizaine de jours sans télé ni jeux vidéo…(note perso cogiact..Quid des écrans introduits à tout va dans les écoles…) ; un interview de Laurent Bègue, professeur de psychologie auteur de Psychologie du bien et du mal (Odile Jacob 2011),  souligne  » bien sûr un adolescent qui a torturé ou abattu un personnage dans GTA ( jeu hyperviolent) ne deviendra pas un psychopathe ou un assassin mais la probabilité qu’il ait des conduites plus agressives ou moins coopératives augmente, et ce en fonction  du temps de jeu et des formes de pratique du jeu.

Voici nos notes suite à la lecture de l’article « Effets de l’exposition chronique aux écrans sur le développement cognitif de l’enfant ».  Archives de pédiatrie 19 (2012) 772-775; Bruno Harlé et Michel Desmurget, respectivement pôle de pédopsychiatrie au Centre Hospitalier Le Vinatier , Bron et centre de neurosciences cognitives, CNRS à Bron

Les écrans représentent potentiellement un frein important au développement cognitif harmonieux de l’enfant. Les auteurs envisagent le problème de la surexposition aux écrans comme celui du «  temps volé ». « Les écrans ont une influence délétère quand ils apportent aux enfants des stimulations cognitives, physiques ou sociales plus pauvres que celles potentiellement contenues dans son environnement physique. Cela est presque toujours le cas ».

Les auteurs considèrent que les conséquences de l’exposition aux écrans sur la réussite scolaire, le langage, l’attention, le sommeil et l’agressivité deviennent une question de santé publique.

  • Réussite scolaire : Les études existent depuis 1980. « Comstock conclut clairement que le  « temps passé par les enfants et adolescents américains à regarder la télévision est associé négativement avec les performances scolaires (…) la qualité des mesures, la taille et l’exhaustivité des échantillons, ainsi que la cohérence des résultats rend cette conclusion irréfutables »

La plus complète des études montre que chaque heure de télévision consommée quotidiennement à l’école primaire augmente de 43% le risque de voir l’enfant sortir du système scolaire sans diplôme.

  • Langage : La télé allumée réduit les échanges verbaux intra familiaux, nécessaires au développement du langage. L’enfant est moins sollicité, il parle moins et entend moins de mots qui lui sont directement adressés et qu’il peut ainsi réinvestir.

Entre 8 et 16 mois chaque heure quotidienne de vidéo soit disant adaptée aux très jeunes enfants se traduit par un appauvrissement du lexique de l’ordre de 10%. Le risque de développer un retard de langage est multiplié par six.

Chez des enfants de 2 à 4 ans, deux quotidiennes de télé commerciale ( correspondant à la consommation moyenne pour cette tranche d’âge) aboutit à multiplier par trois les probabilités d’observer des retards de développement du langage.

Une télé allumée 6 heures par jour en moyenne est facteur d’un déficit de 40% dans le développement du lexique.

  • Attention: Il existe deux systèmes attentionnels distincts : « un système d’orientation de la vigilance vers les stimuli lumineux externes «  bottom-up » et un système de contrôle volontaire de l’attention « top-down » qui fait intervenir de nombreux facteurs comme la motivation, la capacité à tolérer les émotions négatives parfois engendrées par la difficulté, la capacité à résoudre un problème sans le soutien d’un adulte. Les écrans existent ou excitent ? voire épuisent le système «  bottom-up » de l’attention, alors qu’ils ne permettent absolument pas le développement du système volontaire d’engagement «  top-down ». A noter l’absurdité, fréquente en situation de consultation pédopsychiatrique, de l’enfant qui vient consulter pour des «  difficultés attentionnelles à l’école » et qui épuise chaque matin ses ressources cognitives par une bonne heure de dessins animés avant de partir en classe.

Pour une consommation de 1 heure de télé ou jeux vidéo : L’ enfant de trois ans double ses chances de présenter un trouble de l’attention à l’école primaire. L’enfant du primaire voit son risque de présenter un trouble de l’attention à l’adolescence croître de 50%.

  • Écrans et sommeil : Le sommeil est essentiel pour notre santé somatique, émotionnelle et cognitive.

La présence d’un écran dans la chambre est inversement corrélée à la quantité de sommeil de l’enfant et à sa qualité. Les adolescents qui s’endorment avec la télé présentent un déficit de trois nuits par mois.

  • Comportements agressifs et impulsivité : L’académie de pédiatrie appuie ses conclusions sur plus de 3500 études. Le lien entre images violentes et comportements violents est aussi fort que le lien entre cancer du poumon et consommation tabagique. L’exposition aux images violentes a trois effets majeurs à court terme et long terme :
  • Elle augmente la possibilité de recours à l’agressivité verbale et physique ;
  • Elle nous « habitue » au sens physiologique du terme, à la violence, ce qui favorise notre acceptation de cette dernière et augmente notre propension de passage à l’acte ;
  • Elle favorise le repli sur soi et hypertrophie notre sentiment de vivre dans un monde hostile et malveillant.

A noter qu’un enfant dont les capacités langagières sont atteintes, dont la stabilité attentionnelle est faible, dont l’impulsivité est importante et dont les performances scolaires sont médiocres est malheureusement plus enclin à développer des relations sociales de piètre qualité. ( et nous ne pouvons nous empêcher de souligner que  » tiens donc : le nombre de porteurs de  troubles des habiletés sociales ( terme du DSM) augmente…et le nombre d’outils soit-disant de rééducation ou d’éducation pour les rééduquer ou les prévenir également…! L’orthophoniste a le devoir de réfléchir…ah oh tiens donc le nombre d’enfants porteurs de TDAH augmente… et le nombre d’outils numériques pour les rééduquer également…L’orthophoniste a le devoir de réfléchir…)

Rappelons également l’ouvrage de Roberto Casati en 2013: Contre le colonialisme numérique chez Albin Michel : Le livre papier est-il mort ? Non. Si le livre papier risque de devenir commercialement obsolète, cela ne signifie pas qu’il soit obsolète cognitivement. N’en déplaise aux colonialistes numériques, les nouveaux formats n’ont pas ouvert de nouveaux horizons de lecture ; au contraire, cette lecture a été volée.
Dans cet essai percutant, Roberto Casati montre comment choisir utilement entre des parcours qui capturent l’attention et d’autres qui la protègent. C’est pourquoi l’introduction du numérique à l’école doit se faire prudemment et toujours être soumise à des évaluations rigoureuses. L’école et les enseignants qui en sont la sève n’ont aucune raison de se laisser intimider par la normativité automatique qu’imposent les technologies nouvelles : le « maître électronique » est un mythe. L’école, au contraire, est un espace protégé dans lequel le zapping est exclu. Accéder à l’information, ce n’est pas lire ; lire, ce n’est pas encore comprendre ; et comprendre, n’est pas encore apprendre. Il nous faut inventer les moyens de résister à la culture de l’impatience.

En juillet nous vous indiquions d’ailleurs plusieurs notes à ce sujet:

Notamment un des derniers articles parus dans Le Monde de Angela Sirigu, neuroscientifique, directrice de recherche centre de neuroscience cognitive à Lyon/Bron : Le cerveau face à lui-même in Cahier du Monde du mercredi 16 juillet 2014

« Avec la révolution numérique, le flot d’informations qui s’offre à nous ne cesse de croître. Y résister requiert un effort. Ainsi, une véritable compétition s’engage entre la volonté de préserver notre milieu mental interne afin de rêvasser, réfléchir au passé ou planifier le futur, et l’attraction exercée par les stimuli présents, les personnes, les objets et notamment tous les petits et grands écrans qui nous entourent. » L’article suggère de laisser part à une activité mentale endogène c’est-à dire  donner libre cours à la méditation et à la rêverie… pendant ce temps « le vagabondage mental génère au sein de notre cortex, nous le savons aujourd’hui, tout un ensemble de fluctuations spontanées et très organisées résultant de processus d’activation et de désactivation conjoints des réseaux pariéto-frontaux. » Une étude parue le 4 juillet, il s’agissait pour des centaines de sujets de rester pendant 6 à 15 minutes dans une pièce vide, ils devaient rester éveillés et juste «  penser ». « La plupart des participants ont rapporté des difficultés de concentration  alors que  leur attention n’était pas en compétition avec d’autres stimuli et beaucoup ont trouvé l’expérience très déplaisante. »

La transition s’impose avec ce qu’entreprennent de jeunes collègues.

Nos collègues Noémie Freund et Nathalie Mathieu de l’APOMM ( association de prévention en orthophonie de Meurthe et Moselle) ont poursuivi leur travail de réflexion et d’interventions concernant les effets de la surexposition aux écrans sur le développement cognitif, du langage, de l’attention, de la concentration etc… elles avaient fait part de leur plaquette lors d’un atelier au festival audiovisuel en orthophonie 2013. Elles ont rencontré un certain nombre d’équipes d’enseignants. Louise Cheval, a lors de son mémoire de fin d’études en orthophonie à Poitiers, construit un document « aide à la discussion avec les parents » . En effet il s’agit de prendre le temps pour échanger à ce propos et de tenir compte de chaque famille et de ses habitudes de vie. Pour les contacter au sujet de la plaquette info sur les écrans et le document accompagnement à la réflexion de l’orthophoniste à ce propos : Noémie Freund :  freund.noemie@yahoo.fr et Nathalie Mathieu : nathalie.mathieu@hotmail.fr.

Et pour poursuivre sur ce domaine…des textes à télécharger depuis le site Michel Desmurget et Bruno Harlé pédopsychiatre : http://neurosciencefictions.org/accueil/ecrans/

Texte de la conférence de Bruno Harlé à la journée « L’enfant face aux écrans », le 30 avril 2014, organisée par l’école Manin et Jacques Brodeux, mairie du XIXème à Paris.

 Je vous conseille également Les Malheurs de Poucette de Michel Desmurget : http://www.sauv.net/pauvrepoucette.php

Retenons : « quand un ado consulte une page facebook, il ne recrute pas les mêmes circuits cérébraux que quand il lit un livre… quand il se gratte le nez, fait du vélo, joue du clairon ou dessine un éléphant non plus ! Cet appel aux  » sciences cognitives  » est simplement absurde. Lire sur wikipédia (ou facebook) ce n’est pas lire un livre. L’organisation spatiale est différente, il y a des photos sur lesquelles cliquer, il faut aussi se demander tous les dix ou vingt mots si l’on va suivre tel lien hypertexte ou pas. A cela il convient d’ajouter la présence éventuelle d’une messagerie qui bip à chaque fois qu’un courriel arrive, de réseaux sociaux qui vous abreuvent continuellement de messages, de systèmes d’alerte pour vous signaler en temps réel une promo commerciale ou la dernière cabriole de votre star favorite, etc. Il n’est dès lors pas étonnant que le cerveau traite les objets  » livre  » et  » internet  » différemment. Ce qui est intéressant ici, ce n’est pas que l’activité cérébrale soit différente (évidemment qu’elle l’est !), ce sont les études qui démontrent de manière récurrente que (du fait de tous ces facteurs de perturbation) les lecteurs retiennent moins bien un même texte quand il est lu sur internet plutôt que dans un livre »…. Puis il poursuit  « Ces éléments nous amènent au mythe fondateur du multitasking.  » Ils peuvent manipuler plusieurs informations à la fois  » nous dit Michel Serres. Soyons clair, le multitasking n’existe pas. Il est antinomique de notre fonctionnement cérébral. Placé en demeure de faire plusieurs choses à la fois, le cerveau se contente de passer d’une activité à l’autre, séquentiellement. Chaque transition coûte des erreurs et du temps. Par ailleurs, une bonne partie des ressources cognitives est alors happée par la gestion du processus de multitasking (il faut garder les infos en mémoire, arbitrer entre les tâches, ramener les données pertinentes en mémoire de travail, etc.). Il n’est dès lors pas étonnant que les mécanismes d’apprentissage et de mémorisation soient altérés, au niveau neuronal le plus basique, lorsqu’un sujet doit jongler entre deux tâches. Au plan comportemental, nos brillants  » multitaskeurs  » développent à long terme de sérieux troubles de l’attention, une grande distractibilité et, c’est plus inattendu, une moindre capacité à administrer de concert plusieurs tâches cognitives (en raison d’une capacité altérée à filtrer les interférences endo- et exogènes). Michel Serres a raison quand il dit au sujet de nos net-boomers  » qu’ils ne connaissent ni n’intègrent ni ne synthétisent comme leurs ascendants « . Malheureusement, cette différence ne tient pas du génie mais de l’absence. Ils ne peuvent synthétiser comme leurs prédécesseurs pour la simple raison qu’ils ne synthétisent pas ! Nombre d’études ont montré que l’aptitude de la nouvelle génération à trouver de l’information sur la Toile était passablement limitée. Croire que les jeunes sont experts en ce domaine serait même selon les conclusions d’une étude exhaustive de la British Library un  » mythe dangereux « . Un travail mené récemment sur les jeunes qui accèdent à l’enseignement supérieur en Belgique a livré sur ce point des résultats tout à fait effarants en montrant que ces gamins avaient le plus grand mal à trouver des mots clés pertinents et à faire la différence entre les opérateurs booléens (OU versus ET) situés au cœur du processus de recherche documentaire. »

Les travaux du neurobiologiste François Gonon sont à connaître : il précise ce qu’il serait honnête de dire aux parents de ce que l’on sait (vraiment) des causes de l’hyperactivité de l’enfant, il travaille et publie sur différents mésusages et biais fréquents dans la communication sur le recherche en neurosciences, prenant pour exemple le cas du TDAH (Trouble Hyperactivité avec Déficit de l’Attention).

Directeur de recherche CNRS, neurobiologiste
Institut des maladies neurodégénératives (IMN), CNRS UMR 5293, Université de Bordeaux Segalen. Chercheur associé à l’ISCC

François Gonon a étudié pendant 35 ans la neurotransmission mettant en jeu la dopamine. Constatant l’écart souvent considérable entre les observations neurobiologiques et leur compte-rendu médiatique, il s’intéresse depuis 4 ans aux distorsions du discours des neurosciences. Il mène en parallèle l’analyse de la littérature scientifique et du discours médiatique afin de préciser l’amplitude de ces distorsions, leurs causes institutionnelles et leurs conséquences sociales. Ses premiers travaux montrent, avec ceux d’autres auteurs, que ces distorsions apparaissent dès les publications scientifiques et sont amplifiées par les médias.

A lire : http://www.esprit.presse.fr/archive/review/article.php?code=36379&folder=2

 Et puis pour finir cette partie cognitivo-humaine : un petit clin d’œil pour deux des ouvrages de Catherine Vidal :http://www.eveleblog.com/experimenter/catherine-vidal-neurobiologiste-ce-ne-sont-pas-les-cerveaux-qui-pensent-decident-ou-gouvernent-ce-sont-les-personnes-qui-possedent-ces-cerveaux/ :Catherine Vidal : à propos de «  le cerveau évolue-t-il au cours de la vie ? » éd. Le Pommier, 2007

Catherine Vidal est neurobiologiste et directrice de recherche à l’institut Pasteur. Elle a été nommée au comité d’éthique de l’INSERM en 2013. Elle souligne : « Le concept de plasticité cérébrale apporte un éclairage neurobiologique fondamental sur les processus de construction sociale et culturelle de nos identités de femmes et d’hommes. C’est l’interaction avec l’environnement familial, social, culturel qui va orienter les goûts, les aptitudes et contribuer à forger les traits de personnalité en fonction des modèles du féminin/masculin donnés par la société. Cependant, les filles et les garçons n’adoptent pas tous ni tout le temps ce système de normes. De plus, tout n’est pas joué pendant l’enfance. A tous les âges de la vie, la plasticité du cerveau permet de changer d’habitudes, d’acquérir de nouveaux talents, de choisir différents itinéraires de vie. C’est ce message optimiste et scientifique que j’ai envie de transmettre. »

 A consulter également l’ouvrage «  Cerveau, Sexe et Liberté » DVD Gallimard 2007 ; dans lequel Catherine Vidal précise: « Le cerveau est partout aujourd’hui. Le “neuro” envahit tous les domaines : la neuro-économie, la neuro-éducation, la neuro-gymnastique, et même la neuro-justice. Cette mode pour le cerveau pose problème car elle tend à réduire les individus à leur cerveau, c’est à dire à une machine chimique et électrique qui guiderait leurs conduites. Cette vision réductrice met de côté la dimension psychique de la personne humaine qui s’inscrit dans une histoire à la fois individuelle, sociale et culturelle. Prenons garde aux descriptions simplistes : ce ne sont pas les cerveaux qui pensent, décident ou gouvernent, ce sont les individus qui possèdent ces cerveaux ».

Et pour finirSylviane Giampino et Catherine Vidal, Nos enfants sous haute surveillance, Évaluations, dépistages, médicaments…, Paris, Albin Michel, 2009

En mars ..avril..

Toujours dans le fil de réfléchir à propos du sujet…et de la société..

Le dernier ouvrage de Roland Gori «  La fabrique des imposteurs »  c’est un des protagonistes de L’appel des Appels , pasdezérodeconduite. 2013, Les Liens qui Libèrent

J’en cite un autre : « la folie évaluation, les nouvelles fabriques de la servitude » Alain Abelhauser, Roland Gori, Marie-Jean Sauret , 2011 chez Mille et une nuits

et puis celui de Daniel Marcelli  » le règne de la séduction » chez Albin Michel 2012. Séduire pour susciter le désir pour convaincre l’individu d’agir ‘librement’…il interroge cette forme subtile de soumission dans nos sociétés démocratiques et individualiste.

 Un peu plus léger enfin presque…le polar très bien mené, élu par le prix des lycéens  

La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joêl Dicker , 2012 chez Editions de Fallois/l’Age d’homme

 Eh le RDV albums jeunesse…

Et puis découvrons grâce à notre collègue Viviane Durand et l’ARPLE ( association de recherche et de pratique sur le livre pour enfants, www.arple.net ) : Kitty Crowther  «  comme métier, je ne pouvais pas rêver mieux : seul maître à bord. Les histoires que j’imagine, je suis obligée de les écrire car personne ne peut les lire derrière mes yeux ». « Mon souci quand je dessine, est de transmettre une émotion, de l’accompagner et de ne pas abandonner la personne à la fin du livre  » Quelques références  aux éditions l’Ecole des loisirs / Pastel :

–        ALORS , 2006. Pour les tout – petits

–        MOI ET RIEN , 2000. Finalement le rien n’est jamais rien

–        SCRITCH SCRATCH CLIP CLAPOTE , 2002 pour les enfants qui ont peur la nuit..

–        toute une série de POKA & MINE : livres sur la vie quotidienne, sur ces petits moments qui font que chaque jour est une petite victoire.

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Et en janvier/février nous apprécions

- Le Rêve de Galileo est un programme de cinq courts métrages d’animation sur le thème du ciel et des étoiles qui s’adresse aux tout petits, dès 4 ans. Le Soleil est-il la « star » de l’univers ? Que deviennent les étoiles lorsqu’elles meurent ? Où se trouve la plus belle étoile ? avec de belles comptines poétiques.

- Des contes visuels…http://education.francetv.fr/videos/petits-contes-mathematiques-le-zero-v111098

Jouer pour grandir de Sophie Marinopoulos :www.yapaka.be/sites/yapaka.be/…/60-jouer-marinopoulos-web.pdf

- Dites moi à quoi il joue, je vous dirai comment il va de Sophie Marinopoulos, éd.les liens qui libèrent 2009

Psychopathologie de la scolarité de Nicole Catheline et Daniel Marcelli, éd. Masson, 2012

eh eh valeur sûre également: les émissions « sur les épaules de Darwin » LE LIEN QUI NOUS RATTACHE  AUX AUTRES :8 émissions animées par Jean-Claude Armeisen: http://www.franceinter.fr/emission-sur-les-epaules-de-darwin-le-lien-qui-nous-rattache-aux-autres

Et Toujours encore…

- Camion toc toc de Olivier Douzou , éd. Rouergue 2012, un camion transportant 49 cartons perd son chargement…de drôles de mots vont se composer ou se décomposer

- La chose perdue de Shaun Tan, Gallimard jeunesse 2012 à partir de 10 ans

-la série des Pyjamarama de Michaël Leblond et Frédérique Bertrand (Le Rouergue), une petite merveille, qui fait danser les images en explorant avec brio les ressources du graphisme

L’ Invitation  et Alphabet deux derniers ouvrages jolis jolis de Kvéta Pacovská, éd. Le Seuil

– et également Un, cinq, beaucoup de Kvéta Pacovská,éd. Le Seuil ingénieux

Zigomar et les zigotos de Philippe Corentin éd. l’Ecole des Loisirs 2012  Ce recueil comprend  : L’Afrique de Zigomar Patatras !, Papa !, Tête à claques et N’oublie pas de te laver les dents !

– ah aussi Une tarte à tout de Matthieu Sylvander Audrey Poussier, 2008

Ernest et Célestine: l’album du film est également paru…..dans les salles :   film d’animation de Benjamin Renner, Stéphane Aubier et Vincent Patar: : comment faire d’une histoire pour enfants une fable politique. Les aventures du gros ours et de la petite souris; un film qui respecte la délicatesse des dessins d’origine, la tendresse et la malice de la relation entre ces deux personnages.( Daniel Pennac au scénario)

Nous avons lu et apprécié :

 des orthophonistes écrivains

Bref, Ils ont besoin d’orthophonie de Gaëlle Pingault éd. Quadrature novembre 2012

des nouvelles de Gaëlle Pingault aux éd. Quadrature: Ce qui nous lie, 2011 et On n’est jamais préparé à ça, 2008

deux romans tissés d’humanité de Eve Ricard aux éd.  Nil: La Dame des mots, 2012 et Parkinson Blues, 2004

les albums de Christine Naumann-Villemin: le dernier né!: la petite fille et la souris, éd kaleidoscope. et aussi

Gloups;     Un amoureux pour Nina; la tétine de Nina; la sorcière Rabounia;     Elinor n’aime pas l’école

en cet automne qui se profile.. :

Le journal d’un parfumeur de Jean-Claude Ellena , 2012, Sabine Weispieser ed.  Délicat..ode à l’action et à la transformation..

- Sur la route du papier de Eric Orsenna, 2012 Stock. Hommage à ce support..

L’image peut-elle tuer? Marie-José Mondzain, 2002, Bayard. Décryptage du rapport entre image et violence , intéressant!

et pour un grand plaisir avec les enfants …

- découvrir le MUZ musée des oeuvres des enfants: lemuz.org crée par Claude Ponti

– la série des petits albums de Jeanne Ashbé , un bébé dans diverses situations:

   A ce soir!     Au revoir;        Bonjour;        Ca va mieux;           Coucou.

– les albums de Claude K. Dubois:

Un bisou c’est trop court;       les mots doux;       L’ile aux câlins……

– les albums de Olivier Dunrea:

Lola;         Lola et Olga;        Ollie;            Ollie le râleur

– les albums de Claude Ponti: et ils sont nombreux….

Les chaussures neuves;   La revanche de Lili Prune;   le bébé bonbon

Les références précédentes     

Roland GORI :  La Dignité de penser, éd. Les liens qui libèrent,  2011

– Michel DESMURGET : TV Lobotomie , éd. Albin Michel , 2011

Maurice CORCOS : L’homme selon le DSM, le nouvel ordre psychiatrique, éd. Albin Michel, 2011

Vygotski maintenant sous la direction de Yves Clot, 2012, La Dispute

         albums jeunesse

La petite casserole d’Anatole, Isabelle Carrier, éd. Bilboquet, 2009 ( une belle rencontre entre un enfant et un orthophoniste)

Douze amis mots , Rémi Courgeon, éd. Mango/ jeunesse, 2011 ( qui a dit que les animaux ne savaient pas compter? ils savent au moins compter jusqu’à douze…)

Les Oiseaux, Germano Zullo et Albertine, éd. la Joie de Lire, 2010 (une belle histoire de liberté)

Imagine, le secret des imaginations , Norman Messenger, éd. Seuil jeunesse, 2005 ( astucieux, mystérieux, voir et penser autrement…)

Je sais compter jusqu’à 1 ! Mathis, éd. Thierry Magnier, 2010 ( que de uns!!!)

 

 

 

 

Ecrit le par lydie | Dans Actus


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